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the_edukators-2.jpg« Le temps des vaches grasses est terminé. » Les mystérieux signataires de ce tract menaçant se font appeler les « Edukators ». Etudiants, Hans, Peter et leur copine Jule pratiquent, nuit après nuit, une sorte de terrorisme potache, de happening gauchiste et joyeux. Ils s'introduisent dans des villas cossues momentanément désertes, vandalisent et puis s'en vont. Un soir, pourtant, les choses prennent une autre tournure : le propriétaire les surprend chez lui. Dans l'affolement, ils l'enlèvent et l'emmènent dans un chalet isolé. Mais qui est ce « patron », ce capitaliste d'aujourd'hui ? Un ex-soixante-huitard, un fantôme des idéaux et de l'activisme d'hier. Malin, le captif utilise son pedigree pour séduire peu à peu ses geôliers. A travers cette confrontation, Hans Weingartner interroge l'héritage ambigu du gauchisme des années 70 et la possibilité d'un engagement radical aujourd'hui. Même si le film, dans la forme comme dans le propos, paraît un peu trop démonstratif, voire souvent naïf, ses personnages échappent à l'archétype grâce à la sensibilité de ses interprètes : Daniel Brühl, dont on avait découvert la frimousse juvénile dans Good Bye Lenin !, mais aussi Burgart Klaußner, l'ex-gauchiste rusé et attachant, ou Julia Jentsch, jeune fille volontaire et fragile, au centre d'un délicat triangle amoureux façon Jules et Jim. De plus, ni drame ni bluette, le récit s'échappe volontiers, crée des appels d'air, d'étonnantes bouffées de fraîcheur, dans son insistance à rester ouvert sur le devenir des personnages et de leur révolte.

Cécile Mury Télérama

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