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touchant....!

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Un roman un peu oublié de Duras, Des journées entières dans les arbres, tournait autour d'un grand enfant un peu bizarre, resté à la maison, et surtout dans le jardin, à l'âge où ses frères et soeurs étaient déjà partis vivre leur vie. Ludivine Sagnier, dans ce deuxième film de Fabienne Berthaud, joue un personnage de ce genre : une fille à la fois sauvage et désinhibée, inapte à la vie sociale, refusant de quitter ses jeux (y compris sexuels), son dindon de compagnie, ses activités d'apprentie taxidermiste dans sa cabane au fond de la propriété familiale. La mort de sa mère change la donne. Sa grande soeur (Diane Kruger), qui vit en couple à Paris et travaille dans un cabinet d'avocats, vient s'occuper d'elle, provisoirement.

Le film a le côté brut, instinctif, mais aussi, parfois, la naïveté irritante de son héroïne. Il tient par l'affrontement, d'abord doucereux, puis violent, entre les deux soeurs en deuil, dont l'une a toujours fait ce qu'on attendait elle, et l'autre, jamais. Le schématisme guette : le bonheur est dans le pré, la déprime dans les bureaux et les trois-pièces parisiens ? Grâce à Ludivine Sagnier surmontant à vue les périls de son rôle chargé, et, plus encore, grâce à la finesse de Diane Kruger, qui transcende sa partition modeste, le méli-mélo des retrouvailles existentielles a du charme, de la sève. Même un épilogue de pacotille ne parvient pas à ruiner cette alchimie établie entre les deux actrices, entre les deux personnages, contre la terre entière.

Louis Guichard Télérama

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