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Olé...!

Paris, années 1960. Jean-Louis Joubert, agent de change rigoureux et père de famille « coincé », découvre que des bonnes espagnoles exhubérantes vivent... au sixième étage de son immeuble bourgeois. Maria, la jeune femme qui travaille sous son toit, lui fait découvrir un univers coloré à l'opposé des manières et de l'austérité de son milieu. Touché par ces femmes pleines de vie, il se laisse aller et goûte avec émotion aux plaisirs simples pour la première fois. Mais peut-on vraiment changer de vie à 45 ans ?les_femmes_du_6eme_etage_300.jpg

 

Comment attrape-t-on un coup de soleil quand on est un bourgeois tristounet de 45 ans dans la France de De Gaulle ? En fréquentant de plus en plus assidûment des bonnes espagnoles. Une, en particulier... Les rapports patrons-domestiques, la découverte du plaisir de vivre au contact d'un monde aux antipodes : Philippe Le Guay connaît ses classiques, Marivaux et le Renoir de La Règle du jeu. Reconstitution d'époque à la dentelle (de tablier) près, dialogues cousus main, mise en scène élégante, le film est moins débridé que son ­héros, mais qu'importe, on aime la pudeur de Philippe Le Guay. Et on lui sait gré de filmer une immigration stimulante, enrichissante. Même s'il s'agit de l'immigration espagnole des années 1960, on reçoit le message cinq sur cinq.

Qui dit bonne comédie de caractères dit plaisir d'acteurs. Fabrice Luchini apporte de la profondeur à son personnage de vieux petit garçon qui semble surpris par son propre sourire. Dans le rôle de son épouse, bourgeoise au carré, « éreintée » par son emploi du temps futile, Sandrine Kiberlain se croit chez Feydeau, et elle est hilarante. Et puis il y a les bonnes : Natalia Verbeke (on comprend que Luchini craque), Carmen Maura, ou la savoureuse Berta Ojea (vue dans L'Echine du diable, de Del Toro), autant de talents ibériques qui ensoleillent cette comédie toute tendre.

Guillemette Odicino Télérama

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