Alun et Eloi ont bien rigolé!
Ne cherchez pas : vous n'entendrez pas le fameux et croustillant « si j'aurais su, j'aurais pas venu ». Cette Guerre des boutons n'est pas un remake du « classique » d'Yves Robert, qui, depuis 1962, a régalé une génération après l'autre. Faute d'avoir obtenu les droits, ce film-ci, comme son concurrent de la semaine prochaine (La Nouvelle Guerre des boutons, de Christophe Barratier ), est directement adapté du roman champêtre et cocasse de Louis Pergaud.
Yann Samuell a pourtant su dégoter un adorable Tigibus (Tristan Vichard), qui, s'il ne lance pas la cultissime réplique citée plus haut, est aussi malicieux que son prédécesseur. Tigibus, pour ceux qui l'auraient oublié, c'est un farouche et minuscule guerrier en culottes courtes, dans un conflit villageois aussi homérique que la guerre de Troie : les gosses de Longeverne contre ceux de Velrans, le petit bled d'à côté.
A coups de fronde, de bâtons, de sales blagues, de trahisons et de guet-apens, cette nouvelle version happe de jolis éclats d'espièglerie. Dans la grande scène qu'on attendait, par exemple, lorsque les gamins chargent, tout nus, à travers les blés pour déstabiliser l'ennemi et préserver les fameux « boutons » du titre.
Pourtant, malgré leur vivacité, un ennui gentil mais tenace s'installe. Difficile d'innover, de retrouver une authentique fraîcheur, quand on est coincé dans une énième évocation de la France d'antan, ses villages et ses clochers, ses instituteurs débonnaires (ici, Eric Elmosnino et Alain Chabat, réduits à des seconds rôles pittoresques). Après Le Petit Nicolas, de Laurent Tirard, le cinéma familial « de qualité » semble décidément souffrir de bégaiement nostalgique. Yann Samuell tente bien deux ou trois écarts (un curé progressiste, une fillette féministe), mais ils paraissent un peu artificiels, comparés à toute cette pesanteur patrimoniale. Les scènes d'école, de ferme, de fête foraine ou de match de foot s'enchaînent, images naïves et colorées, comme celles que l'on donnait autrefois aux élèves bien sages.
Cécile Mury Télérama